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"Louer ou censurer ce que tu ne comprends pas
peut causer préjudice."

Léonard de Vinci

Marithé & François Girbaud

Oeuvres correspondantes

La Cour d’appel de Paris a confirmé vendredi le jugement de première instance interdisant une affiche publicitaire inspirée de La Cène de Léonard de Vinci, au motif qu’elle constituait une injure aux sentiments des catholiques. En première instance, comme en appel, le parquet s’était prononcé contre l’interdiction, qualifiée « d’acte de censure ». La Cour rejette l’argument invoquant la liberté d’expression, rappelant qu’elle peut être soumise à des restrictions.

Jeanne Favret-Saada Ethnologue, directrice d’études à l’EHESS.

À la suite du premier jugement prononcé en référé (urgence) le 10 mars, la campagne des créateurs de vêtements Marithé et François Girbaud avait été retirée des journaux et magazines et des panneaux d’affichage publics.

La procédure ayant été ensuite limitée à l’affichage, elle reste publiable dans les journaux. La photo utilisée pour l’affiche, création de l’agence de publicité Air Paris, détournait La Cène, l’oeuvre du maître italien Léonard de Vinci dépeignant le dernier repas du Christ et des apôtres.

La Cour d’appel relève qu’il s’agit d’un « événement fondateur du christianisme » et s’étonne de « l’incongruité de la position du seul personnage masculin, présenté dans une pose équivoque entre deux femmes, le groupe ainsi formé étant placé juste à droite du personnage central censé représenter Jésus-Christ ».

La procédure fait suite à une plainte de l’association Croyances et libertés, représentant les évêques de France, pour « injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, en l’occurrence le catholicisme ». Ses avocats se sont déclarés satisfaits de la confirmation du jugement, car il « reconnaît l’importance de l’atteinte symbolique à la foi ».

Les personnes poursuivies, y compris la Ligue des droits de l’homme, devront payer un total de 9000 euros de frais de procédure à Croyances et libertés.

La cour de cassation a cassé le jugement.

Dieu merci.

Si on regarde de près cette publicité féministe, on ne peut s’empêcher de penser à Léonard et féliciter ceux et celles qui l’ont réalisée. Cette scène tient presque du surnaturel avec sa table sans pattes et les femmes assises sur des chaises invisibles ! Plus encore, elle porte un message crypté mais très percutant en faveur de la paix.

Sous la table, vers la droite, une colombe est posée sur une main féminine, mais cette main n’appartient à aucune des 12 femmes présentes. On y voit une allusion directe au message crypté que Léonard de Vinci avait glissé dans La Cène originale où, à la droite du Christ, une main inconnue tient un poignard menaçant. Cette main n’appartient à aucun des 12 apôtres présents.


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