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"Ce qu’il y a de plus réel pour moi,
ce sont les illusions que je crée avec ma peinture.
Le reste est un sable mouvant.
Eugène Delacroix - Extrait de Journal

Eugène Delacroix

Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité.

La peinture est le métier le plus long et le plus difficile. Il lui faut l’érudition comme au compositeur, mais il lui faut aussi l’exécution comme au violon.

La couleur est par excellence la partie de l’art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité.


Delacroix fut élève de Guérin, d’abord en atelier privé, ensuite à l’École des Beaux-Arts, mais abandonna bientôt la tradition académique, sacrifia le dessin à la couleur, et, suivant un mouvement semblable à celui qui s’accomplissait alors dans la poésie, produisit une foule d’œuvres fort admirées des uns, fort critiquées par d’autres, qui firent de lui le chef de l’école romantique en peinture, et dont les incontestables mérites lui ouvrirent, après bien des résistances, les portes de l’Institut de France (1857).

Il est surtout l’artiste emblématique du romantisme en peinture. Souvent opposé à Ingres, considéré comme néoclassique, notamment par les critiques des différents salons où ils exposèrent, il devient, lors de l’exposition universelle de 1855, l’homme qui sut dépasser la formation classique pour renouveler la peinture. À sa mort, les artistes contemporains lui rendirent de vibrants hommages, notamment Gustave Courbet. Authentique génie, il a laissé de nombreuses œuvres engagées qui étaient souvent en rapport avec l’actualité (Les massacres de Scio ou La Liberté guidant le peuple). Il exécuta aussi nombre de tableaux à thèmes religieux (crucifixion, Jacob et l’Ange, le Christ sur le lac de Génésareth, etc.), bien qu’il se soit parfois déclaré athée. Sur tous les terrains de son époque, il reste le symbole le plus éclatant de la peinture romantique.

La plupart des oeuvres de Delacroix sont d’inspiration littéraire. Il en était ainsi déjà de sa La Barque de Dante. Il en sera également ainsi de son Sardanapale[1], inspiré d’un poème de Byron ; il en sera également ainsi également de sa Barque de don Juan, tiré d’un autre poème de Byron, et il en sera encore ainsi de quantité d’autres peintures qui sortent tout droit des oeuvre de Shakespeare, de Goethe ou d’autres écrivains.

Par ailleurs, grâce à un voyage en Afrique du Nord, il fut l’un des premiers artistes à aller peindre, l’Orient d’après nature, ce qui nous valut, outre de très nombreux croquis et aquarelles, quelques belles toiles de la veine des Femmes d’Alger dans leur appartement.