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"L’insolite et l’illicite, deux ingrédients indispensables de toute pornographie."
Marguerite Yourcenar
Extrait de la préface de Gita Govinda de Shri Jayadeva

La pornographie

"La pornographie, c’est l’érotisme des autres."
André Breton

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"Nous vivons une société beaucoup trop permissive. Jamais encore la pornographie ne s’était étalée avec une telle impudeur. Et en plus, les films sont flous !"
Woody Allen Extrait de Mon Allocution

La pornographie censurée sous la IIIè République

Annie Stora-Lamarre Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Besançon, Annie Stora-Lamarre a notamment publié "L’Enfer de la Troisième République. Censeurs et pornographes", elle a dirigé La cité charnelle du droit.

l’émission Concordance des temps par Jean-Noël Jeanneney - France Culture


livres

Annie Stora-Lamarre La République des faibles Armand Colin - 2005

Les origines intellectuelles du droit républicain, 1870-1914. La République des faibles saisit une humanité affrontée au mal et au malheur au moyen de lois de nature pénale et civile promulguées à la fin du XIXe siècle. Ces lois privilégient l’examen des passions dans l’ordre de la sexualité, du crime, de l’amour et du désamour paternel, de la séduction : passions présentées dans le droit comme celles d’une humanité éternelle et sans histoire. Pourquoi faire des lois et d’où viennent-elles quand leurs promoteurs disent en ces temps positivistes se préoccuper de la subjectivité du sujet et de sa nature intime ? Le croisement des matériaux fait apparaître les doctrines juridiques de Raymond Saleilles ou de Gabriel Tarde, les positions des philosophes catholiques comme le sénateur René Bérenger ou encore celles du libre-penseur Alfred Fouillée, Les positions de ces analystes de la société civile sont prises au tournant du siècle dans un contexte d’intenses échanges au sein de congrès internationaux où l’apport de la pensée juridique allemande apparaît capital. En fouillant les entrailles du droit républicain, les protagonistes parfois oubliés de ce chantier rendent compte d’une aspiration démocratique pour un homme doué de raison mais incapable, âme perdue ou malheureuse de la conscience républicaine dont l’histoire restait à faire.
- Présentation de l’éditeur -


Annie Stora-Lamarre L’enfer de la IIIe République, Censeurs et pornographes (1891-1914) Editions Imago - 1990

(Préface de Michelle PERROT) Au début de la IIIe République, la pornographie, répandant le feu du désir pervers, représentait aux yeux d’une élite un redoutable poison menaçant de ronger de l’intérieur l’édifice social. L’alphabétisation, qui multiplie les lecteurs, la liberté de la presse et le développement de l’édition n’allaient-ils pas favoriser la diffusion des écrits obscènes ? Par-delà les clivages politiques ou religieux, de puissantes ligues de moralité se constituèrent, en France et à travers toute l’Europe, bien décidées à protéger le public « faible » et vulnérable contre la suggestion du roman licencieux. Et faisant front contre le vice, la natalité déclinante et la décadence, les « entrepreneurs moraux » parvinrent, par leur influence grandissante, à limiter la liberté d’expression. A partie de l’Enfer de la Bibliothèque nationale, où l’on rassemble alors les livres interdits, Annie Stora-Lamarre met au jour une culture soigneusement refoulée et analyse la lente métamorphose des thèmes occultés. Traçant le portrait d’éditeurs réprouvés, souvent liés aux milieux libertaires, ou de ligueurs ‹ tel René Bérenger, le fameux « Père la pudeur » ‹, elle observe finement le jeu complexe de la diffusion, avec ses réseaux clandestins, et de la répression des ouvrages érotiques : elle suit ainsi, de 1881 à 1914, la lutte des censeurs et des pornographes. Histoire des fantasmes sexuels, mais aussi des peurs et des intolérances d’une époque, histoire politique d’une morale, cet ouvrage novateur éclaire, d’une façon qui nous concerne toujours, les rapports paradoxaux de la démocratie et de la censure.
- Présentation de l’éditeur -