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"Toute angoisse est imaginaire ; le réel est son antidote."
André Comte-Sponville - Extrait de Impromptus

André Comte-Sponville

""Cessons de rêver l’homme, cessons de faire de l’humanisme une religion : ce ne serait qu’un narcissisme généralisé ou hypostasié. L’homme n’est grand que dans la conscience qu’il a de sa misère. Il n’est humain qu’à condition de renoncer à la divinité. L’homme, par exemple, n’est ni maître ni possesseur de la nature : si l’humanisme n’est pas un sous-ensemble de l’écologisme, il ne saurait non plus justifier une quelconque indifférence à l’environnement ou aux autres espèces vivantes. La nature n’est pas Dieu, l’homme n’est pas Dieu : il n’y a pas de Dieu du tout, et c’est en quoi l’humanité est en charge d’elle-même, de la nature et de l’esprit."
André Comte-Sponville

"Si la religion est entendue au sens occidental et traditionnel du terme, comme la croyance en un Dieu personnel, créateur et transcendant, alors la question est historiquement résolue : une société peut se passer de religion. Le confucianisme et le bouddhisme en ont fait la preuve ; eux qui ont nourri des sociétés et des civilisations immenses, parmi les plus anciennes du globe, des civilisations qui sont encore vivantes aujourd’hui et qui ne reconnaissent pourtant aucun Dieu de ce type."

Les vendredis de la philosophie par François Noudelmann avec André Comte-Sponville, Florence de Lussy conservateur à la Bibliothèque Nationale de France, Pierre Magnard professeur émérite à l’université de Paris 4

Les débats sur la religion se réduisent souvent à des antithèses convenues : la raison ou la foi, la croyance ou l’athéisme, les cultes ou la laïcité. Les tensions provoquées par des expressions dites religieuses en pays laïc rencontrent habituellement deux types de réponse : soit une réaction hostile contre la soumission des individus à des dogmes ou à des fables obscurantistes ; soit une tolérance relativiste qui admet toutes les religions comme autant d’usages privés sans conséquence. Mais ces deux approches témoignent d’une même ignorance à l’égard de la spiritualité, de l’expérience mystique, du don et de l’abandon que peuvent éprouver aussi bien les croyants que les incroyants. Pour le comprendre, il faut sans doute oublier les religions et interroger les noms de l’absolu, de l’unité, de l’infini. Il faut aussi admettre plusieurs rationalités qui permettent d’échapper à l’alternative du dogmatisme et du nihilisme.


livre à découvrir

André Comte-Sponville L’esprit de l’athéisme : introduction à une spiritualité sans Dieu Albin Michel - octobre 2006

Peut-on se passer de religion ? Dieu existe-t-il ? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ? Autant de questions décisives en plein « choc des civilisations » et « retour du religieux ».

André Comte-Sponville y répond avec la clarté et l’allégresse d’un grand philosophe mais aussi d’un « honnête homme », loin des ressentiments et des haines cristallisés par certains. Pour lui, la spiritualité est trop fondamentale pour qu’on l’abandonne aux intégristes de tous bords. De même que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les anti-religieux les plus frénétiques.

Aussi est-il urgent de retrouver une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Église, qui nous prémunisse autant du fanatisme que du nihilisme. André Comte-Sponville pense que le XXIe siècle sera spirituel et laïque ou ne sera pas. Il nous explique comment.

 4ème de couverture-