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Je travaille beaucoup avec les autres, mais je ne fais pas de l’art social. La question d’un art social me paraît très fragile aujourd’hui, dans un monde spectaculaire et redoutable.
Adel Abdessemed

Adel Abdessemed

Oeuvres correspondantes

Né en Algérie, Adel Abdessemed commence ses études artistiques à l’École des Beaux-Arts d’Alger, jusqu’à l’assassinat de son directeur par des islamistes. Il part alors pour la France, et en 1994 est admis à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon. Sa vocation lui serait venue enfant, à la vision dans le dictionnaire du tableau de Rembrandt Femme se baignant dans une rivière.

En 2000, Abdessemed obtient une bourse d’artiste qui lui permet de séjourner à New York et d’exposer au centre d’art contemporain PS1. Il vit ensuite quelque temps à Berlin, avant de s’installer à Paris, où il vit et travaille aujourd’hui.

L’artiste utilise la vidéo, la photographie, la sculpture et le dessin, pour évaluer les limites sociales, politiques et culturelles des sociétés contemporaines, soumises à « la schizophrénie imposée par la globalisation ». Il dénonce les tensions physiques et mentales d’aujourd’hui, le monothéisme et le totalitarisme, et dit vouloir « entrer dans des zones sensibles, des zones situées entre le légal et l’illégal », notamment en montrant la nudité du corps : dans Real Time (2003), il filme froidement une performance où neuf couples font l’amour dans l’espace d’une galerie. Les œuvres d’Abdessemed portent à une réflexion sur la nature humaine : le gigantesque squelette humain flottant dans les airs de Habibi (« mon chéri », 2004) souligne la vanité de la vie éphémère. L’une de ses œuvres récentes, Practice Zero Tolerance (2006), moulage en argile d’une voiture, dénonce la situation des quartiers difficiles en faisant directement référence aux voitures brûlées lors des émeutes de l’automne 2005. « Je suis un artiste qui se mêle », dit-il.

Adel Abdessemed est représenté par la galerie Kamel Mennour, Paris.

Quelques œuvres majeures :
 Real Time (2003, vidéo)
 Habibi (2004, sculpture en forme de squelette de 17m de long)
 Bourek (2005)
 God is design (2005, vidéo)
 Sphère 2 (2006, fils barbelés)
 Practice Zero Tolerance (2006, Paris, galerie Kamel Mennour, ill.)


Je travaille beaucoup avec les autres, mais je ne fais pas de l’art social. La question d’un art social me paraît très fragile aujourd’hui, dans un monde spectaculaire et redoutable.

J’adore les oppositions dans tous les domaines. Je déteste ce qui est formaté, homogène. Un monde hygiénique et sans conflits est impossible.

Ce qui m’amuse dans l’art, ce n’est pas le réalisme, mais l’abstraction du réel.