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Luciano Fabro

Oeuvre correspondante

l’artiste italien Luciano Fabro décédait à Milan, le 22 juin 2007. Très lié à l’arte povera, Luciano Fabro était né à Turin en 1936. Après une jeunesse passée dans le Frioul, il s’installe à Milan à la fin des années 50. Dès le début des années 60, il commence à créer des pièces qui perturbent la conception de l’oeuvre d’art et la relation entre le spectateur et celle-ci. Interrogeant toutes les zones de l’histoire de l’art, il place l’individu et sa relation au réel au coeur de son travail. Curieux de tout, il réalise des installations faites de matériaux divers dont il expérimente les manipulations. Il travaille aussi sur des techniques artisanales tout en développant un travail de sculpteur « traditionnel » remarquable, au service d’interrogations résolument actuelles. Très variée, son oeuvre aborde la question de la couleur, de la matière, de la lumière, du nu, du sens de l’espace. Dès 1965, il parle de ses oeuvres en expliquant qu’elles ont pour sujet « l’expérience qui se tisse entre le spectateur, l’artiste et l’oeuvre. » Il réalise ainsi de vastes et fragiles « Habitats de papier » dans lesquels il montre ses oeuvres lors de diverses expositions.

Un Sisyphe de l’art

Célèbre dans le monde entier, souvent présent en France, il était également un habitué de notre pays. Depuis de nombreuses années, Laurent Busine en avait fait un de ses artistes fétiches. Présent dans les collections du Mac’s, musée d’art contemporain au Grand Hornu, il fut au centre de plusieurs expositions présentées en ces lieux.

En 2003, pour Le beau corps de la mémoire, il présentait Foglia, une feuille gravée sur cuivre bosselé. Reproduction d’une image plus vraie que nature.
En 2006, l’exposition Sisyphe, le jour se lève s’articulait autour d’une de ses oeuvres.
« J’ai commencé à penser l’exposition à partir de l’oeuvre Sisifo, de Luciano Fabro, nous expliquait alors Laurent Busine. Le rouleau sur lequel la figure de Sisyphe est gravée crée sa propre image et inversement. Avec une incommensurable capacité à condenser une histoire et, dans le même temps, à l’ouvrir à toutes les interprétations possibles. J’ai toujours l’impression d’avoir affaire à un chef-d’oeuvre, au même titre que Guernica. »
Le rouleau de marbre, sur lequel est gravée la silhouette de Sisyphe est incrusté de petits impacts d’or sur ses côtés. Visage heureux, sexe en érection, Sisyphe se présente comme un autoportrait de l’artiste, résistant à toutes les pressions du moment. Dans Sur un fil, tendu, l’exposition actuelle du Mac’s, Fabro est à nouveau présent avec une pièce majeure. Deux plaques de marbre, présentées sous le titre Les Esclaves. Une oeuvre de 1994 qui fut présentée de diverses manières par le passé.

En 2000, dans l’exposition Voici au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, elles étaient séparées et appuyées à une balustrade comme des passants observant l’agitation autour d’eux. Cette fois, elles sont ligotées autour d’un tronc de bouleau, renvoyant aux Esclaves de Michel Ange (1515).

Laurent Busine a décidé de dédier l’exposition Sisyphe, le jour se lève à Luciano Fabro, à titre posthume.