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La poésie est le pivot de celui qui se cherche dans ses contradictions,
dans le déséquilibre de ses forces, la voix d’un appel insensé,
présence en dépit des fantasmes.

Pierre Seghers

Phantasmes, fantasmes & fantasmagories.

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Fantasmes de désir comme des rêves, les oeuvres d’art constituent pour leur créateur,
comme ensuite pour ceux qui en jouissent,
une sorte de soupape de sûreté à la pression trop forte
des instincts refoulés.

Marie Bonaparte - Extrait de Edgar Poe

Phantasme - Fantasme

Construction imaginaire, consciente ou inconsciente, permettant de s’y mettre en scène, d’exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé.
Par extention usuelle, le fantasme est la représentation imaginaire marquant une rupture avec la réalité consciente.

Depuis 1976, l’on admet 2 orthographes :
- Fantasme conscient.
- Phantasme inconscient.

On distingue :

- le fantasme
qui désigne « le fantasme conscient »
« scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure,
d’une façon plus ou moins déformée par les processus défensifs,
l’accomplissement d’un désir et, en dernier ressort, d’un désir inconscient. »

- le phantasme
qui désigne « le fantasme inconscient »
Emprunté au latin impérial phantasma, -atis « fantôme, spectre », bas latin « image, représentation par l’imagination », « apparition ; image offerte à l’esprit par un objet ; spectre, fantôme ».
Freud vit dans le refoulement des désirs œdipiens intolérables la source des phantasmes.


Les fantasmes originaires
Les fantasmes originaires sont des fantasmes qui transcendent le vécu individuel et qui ont un certain caractère d’universalité.
En ce sens, ils sont à rapprocher des mythes collectifs.
Ils « mettent en scène » ce qui aurait pu dans la préhistoire de l’humanité participer à la réalité de fait et à ce titre ils entrent dans le cadre de la réalité psychique


Fantasmagorie

La fantasmagorie, étymologiquement « l’art de faire parler les fantômes en public », consiste à la fin du XVIIIe siècle à projeter et à animer sur un écran de toile ou de fumée des tableaux miniatures peints sur des plaques de verre ou bien gravés sur un support opaque.

Héritière de la lanterne magique dont la technique ne cesse de s’améliorer depuis le XVIIe siècle, cette forme de spectacle connaît un énorme succès au tournant des Lumières.

D’une petite peinture ou gravure de facture assez grossière au départ, naît, par la fantasmagorie, une image « mouvementée », un tableau lumineux dont les dimensions peuvent varier considérablement. La possibilité d’animer et d’agrandir ou de rapetisser une image par des manipulations optiques marque une étape dans l’évolution de la notion de tableau.

Transposé de la peinture à la rhétorique et à l’esthétique à la faveur de doctrines anciennes encore vivaces à la fin de l’Ancien Régime, comme l’ut pictura poesis, le tableau a, en fin de compte, investi tous les champs de la représentation. Qu’il soit écrit ou iconique, interprété sur une scène ou projeté sur un écran, il a pour principale fonction de catalyser les émotions du spectateur. La théorie de l’effet formulée par l’abbé Dubos, puis prolongée par Diderot, traduit bien cet impératif en rajeunissant le précepte aristotélicien de terreur et de pitié, ainsi que la pragmatique classique contenue dans le triple credo « instruire, plaire et toucher ». En cherchant à provoquer pareillement les réactions sensibles de leur public, les expérimentateurs du tournant des Lumières, amuseurs publics et charlatans, mécaniciens et physiciens, transforment leurs démonstrations en spectacles à part entière.

Cette confusion, entre les finalités respectives des arts et des sciences, reflète la difficulté des nouveaux savoirs à s’affranchir de leurs origines ésotériques pour se constituer en domaine exotérique. Le statut de l’expérience scientifique est incertain, ramené du côté du jeu, du sensationnel, comme le prouve l’habitude déjà ancienne d’accoler aux noms de sciences les termes « amusemens »,« récréations », « divertissemens » et les épithètes correspondantes, ce que montre le titre de Robertson : Mémoires récréatifs, scientifiques et anecdotiques d’un physicien-aéronaute.

Étienne-Gaspard Robert (né en 1764 à Liège - mort en 1837 à Paris et enterré au cimetière du Père-Lachaise), abbé de son état, connu également sous le pseudonyme d’Étienne Robertson, est un personnage multiple, à la fois peintre, dessinateur, « physicien-aéronaute », mécanicien, opticien, « fantasmagorien » (ou« fantasmagore ») et mémorialiste. Ses activités scientifico-esthétiques sont significatives des croisements qui s’opèrent entre les arts et les sciences à la fin du XVIIIe siècle.


La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair,
mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur.

Carl Gustav Jung

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