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"Le sommeil de la raison engendre des monstres."
Francisco de Goya
Extrait de la légende d’une gravure des Caprices

Francisco de Goya

"Toute la peinture est dans les sacrifices et les partis pris."
Goya

Sauver l’obscur, autour des peintures noires de Goya Extrait de Répliques d’ Alain Finkielkraut - France culture

En compagnie de la poétesse, critique littéraire et traductrice de Dante Jacqueline Risset, et du peintre Jean-Paul Marcheschi

Yves Bonnefoy
Goya : les peintures noires - William Blake and Co - mai 2006

Goya, qui ne se réclamait que de Vélasquez et de Rembrandt, n’est certainement pas explicable par la peinture de son époque en Espagne. Les documents écrits ou même ses lettres ne donnent guère d’information sur ce que fut au secret de soi cet esprit si évidemment hors de toutes normes. Des événements les plus importants de sa vie, comme sa grande maladie de l’hiver 1792-1793, on ne sait pas davantage. Historiens et même critiques sont donc bien peu équipés pour aborder cette œuvre et accéder à ce qui en est tout de même bien clairement l’essentiel, une pensée de ce qui est vrai et de ce qui vaut. Pour comprendre Goya ne doit-on pas dès lors prêter attention à ce qu’on éprouve soi-même ? S’il y avait parenté véritable entre l’observateur et le peintre, ce serait certes la voie : le semblable seul connaît le semblable. Mais même si la proximité n’est que relative, soucis fondamentaux divergents autant que communs, et l’artiste loin en avant sur la voie où ces hantises entraînent, il est permis d’espérer que l’approche directe d’une pensée qui va dans l’image à la façon dont le rêve cherche a chance d’éclairer, tant soit peu, ce que s’interdit d’envisager l’historien, qui n’a pas droit d’être " subjectif ". Cet essai considère que les " peintures noires ", préparées par les coups de sonde des Caprices dans les soubassements du désir humain - désir de possession, mais aussi désir d’être, de donner sens - et décidées au moment de l’Autoportrait avec le Docteur Arrieta, sont un des moments absolus de l’art d’Occident : soit par la violence de leur mise en question de la représentation, de la prétention des images ; soit, plus encore, par la hardiesse démesurée de leur réflexion morale et de leur proposition à ce plan. .

Yves Bonnefoy


Les fantômes de Goya Jean-Claude CARRIERE Plon / Janvier 2007

Un homme issu du peuple, un Espagnol nommé Lorenzo, devenu inquisiteur parce qu’il croit la foi chrétienne en péril. Au Saint-Office, sa voix est l’une des plus écoutées. Et il est l’ami du célèbre Francisco Goya, peintre officiel de la Cour. Empêtré dans une histoire très fâcheuse, Lorenzo est obligé de s’enfuir en France. Quand il revient dans son pays, il a changé de foi, ses idées sont nouvelles, mais il est toujours le même homme : un extrémiste. Dans une époque bouleversée (l’Espagne au temps de la Révolution française et des guerres de Napoléon), Lorenzo va tenter d’agir, de rendre le monde meilleur, et cela sous les yeux de Goya, auxquels rien n’échappe.
Il y a ceux qui, comme Lorenzo, veulent à toute force changer le monde et ceux qui, comme Goya, se contentent de le montrer tel qu’ils le voient. Une histoire d’égarements, de passions divines et humaines, d’amour, de pouvoir, d’illusions, qui dit qu’il peut exister un extrémisme de la liberté, comme de l’oppression, et que la lumière peut aveugler tout autant que l’obscurité.