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La sérendipité

Le mot sérendipité est en français un néologisme dérivé de l’anglais « serendipity », un terme introduit en 1754 par Horace Walpole pour désigner des « découvertes inattendues ».

Walpole s’était inspiré du titre d’un conte persan intitulé Les Trois Princes de Serendip, où les héros, tels des chasseurs, utilisaient des indices pour décrire un animal qu’ils n’avaient pas vu. Le mot Serendipity ne fait toutefois pas allusion à ce passage, mais à la fin du conte, où les héros deviennent riches, célèbres et adulés, alors qu’ils étaient simplement partis chercher l’aventure.

Le mot anglais serendipity fut créé par Horace Walpole le 28 janvier 1754 dans une lettre à son ami Horace Mann, envoyé du roi George II à Florence, pour signifier des « découvertes inattendues, faites grâce au hasard et à l’intelligence » [1]
Il fait mention d’un conte persan, Les Trois Princes de Serendip, publié en italien[2] en 1557 par l’éditeur Vénitien Michele Tramezzino et traduit dès 1610 en français. Serendib ou Serendip était l’ancien nom donné au Sri Lanka en vieux persan.
L’histoire raconte que le roi de Serendip envoie ses trois fils à l’étranger parfaire leur éducation. En chemin, ils ont de nombreuses aventures au cours desquelles, ils utilisent des indices souvent très ténus grâce auxquels ils remontent logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Ils sont ainsi capables de décrire précisément un chameau qu’ils n’ont pas vu : « J’ai cru, seigneur, que le chameau était borgne, en ce que j’ai remarqué d’un côté que l’herbe était toute rongée, et beaucoup plus mauvaise que celle de l’autre, où il n’avait pas touché ; ce qui m’a fait croire qu’il n’avait qu’un œil, parce que, sans cela, il n’aurait jamais laissé la bonne pour manger la mauvaise ».
Walpole précise dans sa lettre que les jeunes princes font simplement preuve de sagacité, et que leurs découvertes sont purement fortuites.

Ce conte a inspiré le Zadig de Voltaire [3], où le héros décrit de manière détaillée une chienne et un cheval en déchiffrant des traces sur le sol ; il est accusé de vol et se disculpe en refaisant de vive voix le travail mental effectué.