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Du désir d’indiscrétions 2009

Galerie Fred Lanzenberg
9, avenue des Klauwaerts 1050 Bruxelles
02 / 647 30 15 - www.galeriefredlanzenberg.com


Avant propos de Fred Lanzenberg.

Plusieurs années sont passées depuis la dernière exposition de Séroux. Lent mûrissement d’une oeuvre. Un fait important, le passage de la peinture acrylique à l’huile avec laquelle il obtient de la profondeur. différence qu’un visiteur non averti ne discernera pas de prime abord.

Car tout, dans le travail de Séroux , est fait de nuances. Cette oeuvre que j’ai montrée à de nombreuse reprises, n’a cessé et continue de m’énerver, disons plutôt de m’interroger. Il y a déjà longtemps, regardant ses peintures en compagnie de Guy Gilsoul, à coté des oeuvres d’autres artistes, je m’étais surpris à formuler : D’entre tous, il était le seul artiste contemporain que j’exposais. Je laisse à chacun d’interpréter le sens que je pouvais donner à ce terme. Qu’en est-il ? Séroux nous offre des images claires, lisibles, sans repentir, à priori réalistes. Mais tout est illusion. Richard Lindner écrivait, il y longtemps : Tous les artistes sont des trompeurs. Peut-être dans le sens où ils ont la capacité de nous troubler ou de nous déstabiliser.

Dans le cas de Séroux, la lecture ne se borne pas à la première lecture. Mais déjà, nous ne nous bornons pas à regarder un tableau, il nous met dans la position de voyeurs. Dans ses mises en scène ou mises en abîme, nous regardons des personnages de dos, en arrêt devant des tableaux. Et lorsque les tableaux de Séroux sont accrochés, dans une galerie, par exemple, nous voyons des personnes de dos, regardant ses tableaux sur lesquels des personnages admirent des tableaux. Les visiteurs de l’exposition sont devenus, eux-même, des personnages de Séroux. Nous pourrions parler d’une’installation.

Voyeurisme, indiscrétion, désir : Dans certains tableaux antérieurs, les Vitrines, les mannequins dans les vitrines, habillés sinon dévoilés. Là, pas d’intermédiaires entre nous et la scène représentée, mais nous pouvons nous surprendre à regarder la scène à la dérobée. Si Séroux avait pris comme sujet des femmes dans les vitrines, l’effet n’aurait pas autre. Ses mannequins sont plus vrais que nature, à tel point qu’il m’est arrivé d’entendre des remarques choquées de visiteuses qui déploraient que ces femmes soient sans tête, décapitées en quelque sorte, ce qui est le cas dans la plupart des magasins. Le faux serait-il plus vrai ? Les corps qui se cherchent, s’offrent, les bouches qui s’enlacent. Séroux a revisité l’Origine du monde, d’autres artistes l’ont fait avant lui. C’était trop tentant. Les corps emprisonnés d’Akaki, les Bouches carmin sur grand écran, rappel du Pop ou d’images publicitaires. Les écrans de télévision dont un programme pourrait donner lieu à une mise en abîme à l’infini.

Et les séquences de films, pas n’importe lesquels, Catherine Deneuve, dans Belle de jour, par exemple.... Les images glacées des magazines de notre vie quotidienne ne nous transmettra jamais la sensualité qui émane de l’oeuvre de Séroux par la magie de la peinture.

Dans les tableaux les plus récents, qui donnent lieu à cette exposition, la rencontre avec Manet et la lecture que fait Séroux des deux tableaux du Musées de Tournai, point de départ de l’exposition qui eu lieu au Musée des Beaux-Arts de cette ville : De Manet à Séroux. On pourrait sourire de voir ces deux noms accolés. Tous les peintres, à commencer par Picasso, s’y sont livrés.Il se trouve qu’il rejoint la vision de Manet et s’en explique fort bien sur le site joint qui retrace l’exposition dans ce musée.

S’en suit une exploration des autres oeuvres de Manet, tels le Déjeuner sur l’herbe qui fit scandale et correspond au voyeurisme de Séroux. Et il décline les oeuvres du Maître en fragments, gros plans, cadrages quasi photographiques.