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séroux, éclats

Nul doute que la nouvelle manière de peindre de Séroux « percute » la précédente, la fait voler en « éclats » du moins formellement. Si rigoureuse, hier, avec ses emboîtements rectangulés, ses figures prisonnières du cadre, elle instillait un trouble et une fascination plastique tributaire d’une chaîne infinie des regardeurs/ regardés, captés en off dans leur entreprise voyeuriste. Aujourd’hui, on a perdu cette notion de perspective abyssale au profit du fragment, du détail, de la focalisation et de la dissolution du visage. C’est l’espace réel de la galerie qui surcadre, en les juxtaposant en rangs serrés, ces tableautins de bouches hurleuses, où le cri rebondit en cascade, comme un cri de guerre. La morphologie des visages féminins se délite et se tord au gré d’une encre pourpre diluée, aux tonalités de sang et de chair vive.

Il est toujours question de surprendre l’être face au mystère de l’objet convoité, qu‘il s‘agisse de la vérité révélée, oraculaire du tableau, ou, comme ici, de l’expérience érotique borderline. Mais toute cette plasticité révulsée, qui évoque un peu les têtes « physiognomoniques » de Messerschmidt, ne laisse, paradoxalement, que peu de place au trouble. On est surtout surpris par tant de débordement pictural et plus intéressé par les déambulations aquarellées, feutrées de Sophie Calle au Palais des Beaux-Arts en quête elle-aussi de vérité révélée !