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"C’est en prêtant son corps au monde
que le peintre change le monde en peinture"
Merleau-Ponty

Maurice Merleau-Ponty : l’oeil et l’esprit

L’oeil & l’esprit - introduction

Maurice Merleau-Ponty est un philosophe français, né à Rochefort-sur-Mer le 14 mars 1908 et mort le 3 mai 1961 à Paris.

’’L’Oeil et l’esprit" est le dernier écrit que Merleau-Ponty put achever de son vivant. Installé, pour deux ou trois mois, dans la campagne provençale, non loin d’Aix, au Tholonet, goûtant le plaisir de ce lieu qu’on sentait fait pour être habité, mais surtout, jouissant chaque jour du paysage qui porte à jamais l’empreinte de l’oeil de Cézanne, Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même - et aussi la fragilité de ce miracle.’ Claude Lefort.

l’émission des Vendredis de la philosophie, en date du 9 novembre 2001 - France culture

suite et fin


extrait clé de la vision de Merleau Ponty

"la piscine" Le coeur de la perception

Quand je vois à travers l’épaisseur de l’eau le carrelage au fond de la piscine, je ne le vois pas malgré l’eau, les reflets, je les vois justement à travers eux, par eux. S’il n’y avait pas ces distorsions, ces zébrures de soleil, si je voyais sans cette chair la géométrie du carrelage, c’est alors que je cesserais de le voir comme il est, où il est, à savoir : plus loin que tout lieu identique. L’eau elle-même, la puissance aqueuse, l’élément sirupeux et miroitant, je ne peux pas dire qu’elle est dans l’espace ; elle n’est pas ailleurs, mais elle n’est pas dans la piscine. Elle l’habite, elle s’y matérialise, elle n’y est pas contenue, et si je lève les yeux vers l’écran des cyprès où joue le réseau des reflets, je ne puis contester que l’eau le visite aussi, ou du moins y envoie son essence active et vivante. Merleau-Ponty (Maurice), L’Oeil et l’Esprit, Paris, 1964, p. 70-71.

"la piscine" Le coeur de la perception - son commentaire


"La pensée n’est rien d’intérieur,
elle n’existe pas hors du monde et hors des mots."

"On ne voit que ce qu’on regarde."

"Si les créations ne sont pas un acquis, ce n’est pas seulement que, comme toutes choses, elles passent, c’est aussi qu’elles ont presque toute leur vie devant elles."