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"Les mots ont toujours plus de pouvoir que le sens."
Joseph Conrad

Coeur des ténèbres

En deux mots, ce que Conrad tente de faire : Décrire le réel au moment où il nous touche.

Joseph Conrad
Coeur des ténèbres précédé d’Un avant-poste du progrès
Futuropolis / Gallimard

Répliques - France culture avec Alain Finkielkraut
où les invités confrontent leurs points de vue sur les grandes – ou petites – questions auxquelles par profession, par curiosité ou par engagement, ils ont été conduits à réfléchir.
Avec le philosophe Paul Thibaud, ancien directeur de la Revue Esprit, et l’écrivain Pierre Pachet.

l’émission Réplique


« Dans Cœur des ténèbres, Conrad parle de la fin des grandes explorations et de l’avènement de la gestion capitaliste dans les colonies ; il parle de la supériorité technologique des Européens ; il parle de la distance entre l’idée colonialiste fondée sur le Progrès et la réalité des formes de la domination coloniale au Congo. Tout cela constituait l’actualité coloniale de 1898. De cette actualité, Conrad ne tire aucune conséquence politique explicite. Cœur des ténèbres, de ce point de vue, n’est pas un pamphlet anticolonialiste. Conrad n’y demande pas, pour l’« État indépendant du Congo », une véritable indépendance. Il n’y suppose pas que les Européens aient à reconnaître aux Africains une quelconque dignité. La dignité des Africains est d’ailleurs ambiguë dans cette nouvelle. Paradoxalement, là résident sans doute la grandeur de Conrad et la puissante actualité de son texte. Cœur des ténèbres parlait aux Européens de 1898 de ce que c’était que le Congo, et de ce qu’ils croyaient que c’était.
Mais de cette double réalité Conrad a tiré une aventure de portée bien plus générale, peut-être universelle, d’une portée qui est, en tout cas, sans aucun doute, aujourd’hui encore, d’une immense valeur. » Sylvain Venayre.