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"L’invention picturale ou la fantasmagorie littéraire
permettent de supporter le réel désolé
en apportant des compensations magiques.

Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik : L’invention de l’art

Bref extrait : L’origine possible de l’Art extrait de l’émission Tête à tête - rtbf - la première

« On peut découvrir en soi, et autour de soi, les moyens qui permettent de revenir à la vie et d’aller de l’avant tout en gardant la mémoire de sa blessure.

Les chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilité. Être invulnérable voudrait dire impossible à blesser. La seule protection consiste à éviter les chocs qui détruisent autant qu’à éviter de trop s’en protéger.
Chaque âge possède sa force et sa faiblesse et les moments non blessés de l’existence s’expliquent par notre capacité à maîtriser, voire à surmonter, ce qui, en nous, relève, dans un constant remaniement, du biologique, de l’affectif et de l’environnement social et culturel.
Le bonheur n’est jamais pur. Pourquoi faut-il que, si souvent, une bouffée de bonheur provoque l’angoisse de le perdre ? Sans souffrance, pourrait-on aimer ? Sans angoisse et sans perte affective, aurait-on besoin de sécurité ?
Le monde serait fade et nous n’aurions peut-être pas le goût d’y vivre. »


En 1942, alors qu’il grandit à Bordeaux, les parents de Boris Cyrulnik juifs russo-polonais, sont arrêtés et déportés. Abandonné à l’assistance publique, l’enfant est protégé par son institutrice. Echappant de peu à la déportation, suite à une rafle en janvier 1944, l’orphelin trouve refuge dans l’humour et la biologie. Passionné par la nature, la politique et l’homme d’une façon générale, Boris Cyrulnik devient pourtant maître nageur. A quatorze ans, il découvre l’éthologie, en lisant un livre de l’entomologiste Henri Fabre. Dans les années soixante, ses études de médecine s’achevant, il se dirige vers l’éthologie, discipline alors très controversée. Redoutant la spécialisation, il se diversifie au maximum : éthologie, psychologie, neurologie, psychanalyse...
Désireux de décoder la machine humaine, Boris Cyrulnik parcourt le monde à la recherche d’informations. Voyages, colloques, conférences, lectures, cours, l’homme est infatigable. Sa réputation en tant qu’éthologue est grandissante ; sa contribution à légitimer cette science est capitale.
A partir des années 1980, Cyrulnik vulgarise son savoir grâce à ses livres : ’Mémoire de singe et paroles d’homme’, ’Les vilains petits canards’... Professeur, écrivain, Boris Cyrulnik mélange les genres, dans le but ultime de décoder l’être humain.