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La lumière déforme le contour.
Je vis là-dedans un monde énorme que je pouvais explorer,
une nouvelle manière de voir que je pouvais représenter.

James Ensor

James Ensor

pour le plaisir

« Je suis né à Ostende, le 13 avril 1860, un vendredi, jour de Vénus. Eh bien ! chers amis, Vénus, dès l’aube de ma naissance, vint à moi souriante et nous nous regardâmes longuement dans les yeux.Ah ! les beaux yeux pers et verts, les longs cheveux couleur de sable.
Vénus était blonde et belle, toute barbouillée d’écume, elle fleurait bon la mer salée.
Bien vite je la peignis, car elle mordait mes pinceaux, bouffait mes couleurs, convoitait mes coquilles peintes, elle courait sur mes nacres, s’oubliait dans mes conques, salivait sur mes brosses... »

« Mes concitoyens, d’éminence molluqueuse, m’accablent. On m’injurie, on m’insulte : je suis fou, je suis sot, je suis méchant, mauvais... ».

« Ne remuons plus ce grand cadavre flamand. Aujourd’hui mannequin creux, décoloré, animé par quelques criquets agressifs. Flandrophyliseurs intempestifs, désorienteurs déclassés délirants, vos excitations intéressées de siffleurs décalqués restent sans écho.
L’art moderne n’a plus de frontières.
À bas les rembrunis acariâtres. Fromagers égoïstes et sirupeux. Alarmistes frontiérisés. Charcutiers de Jérusalem. Moutons de Panurge. Architectes frigides et mélassiers, etc.
Vive l’art libre, libre, libre !... »